En Australie, un rapport révèle que 7% des prêtres auraient commis des actes pédophiles :


L'Eglise catholique australienne est au cœur d'un scandale sans précédent, alors qu'une commission d'enquête publie le bilan accablant d'une enquête chiffrée. Plus de 1 900 prêtres seraient concernés.

Une commission royale chargée des questions d'abus sexuels sur mineurs en Australie a publié ce lundi 6 février un document concernant la pédophilie au sein de l'Eglise catholique. Les chiffres avancés confirment l'ampleur des enquêtes conduites jusqu'ici dans le pays. 7% des prêtres catholiques en Australie auraient déjà eu affaire à la justice dans des cas de violences sexuelles sur des enfants.

Ces statistiques, compilant les données entre 1950 et 2015, varient selon les diocèses et les ordres concernés, pouvant aller, comme dans le cas de la communauté Saint Jean des Frères de Dieu, jusqu'à 40% de prêtes ayant fait l'objet d'une plainte. Au total, 4 444 membres du clergé ont été impliqués dans des affaires d'abus sexuels sur mineurs.

L'âge des victimes, selon l'étude de la commission royale, se situerait autour de 10 ans pour les petites filles et de 11 ans pour les petits garçons. L'écrasante majorité des témoins entendus sont de sexe masculin.

Environ 1 900 individus suspectés ont été identifiés, alors que l'identité de 500 d'entre eux demeurent inconnue. 32% étaient des moines, 30% des prêtres, 29% des laïcs exerçant des responsabilités dans l'Eglise catholique et 5% des sœurs.«Les réponses apportées à ces cas dans les paroisses du pays étaient tristement semblables. On ignorait les enfants, ou pire, on les punissait», explique un responsable de la commission royale. «Les paroisses vers lesquelles les responsables ont parfois été transférés n'étaient généralement pas informées de leur passé», précise-t-il.

Le père Francis Sullivan, chef du comité Vérité, Justice et Réparation que l'Eglise catholique australienne a mis en place pour l'occasion, a réagi en évoquant «des nombres choquant, tragique et indéfendables». Pour l'Eglise, «c'est un échec massif et une corruption des Evangiles et nous ne pouvons, en tant que catholiques, qu'être frappés de honte», a-t-il ajouté.

Au début de l'année, le Vatican avait rendu publique une lettre adressée par le pape François aux évêques qui demandait pardon pour les injustices dont sont victimes les enfants, exhortant les évêques à les protéger des agressions sexuelles commises par les membres du clergé. 


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